Les 11 Hameaux

hameaux

Ce texte s’inspire des notes de Didier Beaume, et résulte de nos échanges informels sur une partie de l’histoire de La Garde en Oisans.
Les Dauphins, voulant connaître la démographie de leur pays pour lever des impôts, firent plusieurs reconnaissances. La première eut lieu en 1339. Sept hameaux de La Garde sont alors recensés :

 

Garda : La Garde, chef lieu actuel ; provient vraisemblablement de la situation géographique de ce village. D’origine germanique, ce terme, qui signifie forteresse, a été latinisé en Warda ou Wardia puis Garda ou Gardia

 

Faye : La Ville. Faye signifie fayard ou hêtre. Ce hameau a sans doute joué un rôle essentiel au XIe s. Il s’appelait alors Fageto, et il est probable que les ruines au lieu-dit « les vallons de la tour » soient le fameux « castrum Sageti ou Fageti », cité plusieurs fois dans le cartulaire de la prévôté d’Oulx, monastère en Briançonnais d’Outremont. Ce château contrôlait le passage du lac, et a dû constituer, du fait de sa position exceptionnelle pour le contrôle des échanges vers l’Italie, un enjeu politique et économique important, vers l’an mil.

 

Aramentarium : Les Armentiers. Airain. Attesté par de nombreuses mines de fer sous le hameau (mentionnées dans le probus de 1262) et encore exploitées au XIIIe s. En 1261, les habitants de la Garde sont hommes liges du Dauphin et tiennent de lui tout ce qu’ils possèdent à la réserve des favetiers qui étaient au fief « Ayramentaris ». Ce fief a donc joué un rôle particulier.

 

Magdalenam : hameau disparu. La confrérie de Ste Marie Madeleine installa avant le XIIIe s. des établissements hospitaliers dans toutes les Alpes, servant comme maladrerie ou maison de refuge. Une chapelle, dédiée à Ste Marie Magdeleine y était souvent attenante. De plus, ces lieux où s’implantèrent ces hôpitaux furent appelés Madeleine ou la Madeleine. L’existence d’une chapelle Ste Marie Magdeleine au-dessus de La Garde, au lieu-dit le Château, « capella Beate Mariae-Magdalenes » en 1497, et la trace d’anciennes fondations pourrait nous éclairer sur ce hameau aujourd’hui disparu.

 

Pinelleria : bois de pin. Aujourd’hui disparu, ce hameau était probablement au-dessus de Bassey et des Essoulieux où existe un lieu-dit « La Pinellière ». Dans les divers documents de 1450 à 1470, on retrouve un « campo de pinelleria » dans les vignes d’Essolieux ; comme ce hameau n’a jamais changé de nom (probus de 1260, cité comme lieu planté de vignes). Le hameau de Bassey a du être reculé vers la plaine, suite à une destruction ou parce que le lac ne constituait plus de menace (d’où le nom de Bassey, en contrebas).

 

Vellimorte : Vieille Morte, hameau actuellement en ruine.

 

Verunii : Vernis, hameau actuel du Bourg d’Oisans.

 

La reconnaissance de 1339 ne parle pas du lieu-dit de Maronne, qui existait bel et bien à l’époque puisqu’on cite les trois hameaux le constituant sur un document de 1341 ( Secherus ( Sechier), Chastellard (Le Châtelard) et Rosetis (Le Rosai)). Marona est alors un nom de lieu, et se rapporte peut-être à la profession des habitants, Maronne signifiant guide ou charpentier.

 

Le hameau de Tuffer (La Salle aujourd’hui) est mentionné dans la reconnaissance de Jehan de Lemps, en 1341.

 

Les noms de La Garde au cours des siècles : Paroisse sous le vocable de St Pierre Ecclesia Sancti Petri que est sita un locus qui dicitur Gardia, 1058 (Cartulaire de St Hugues) Ecclesia Sancti Petri de Guarda, XIe s. Ecclesia de Garde (ou Garda), 1158, 1172 Prior de Garda, 1194 La Garda, 1260 Mistralia Garda, 1323 Villa Garda, 1339 Apud Garderum sub. Castrum, 1400 Prioratur de Gardia, 1497 La Garde en Oysans (XVIIe et XVIIIe s.)

 

La Ville au cours des siècles : Ecclesia de Fageto : 1050, 1079, 1080, début XIIe s. (cartulaire d’Oulx) Capellam Beate Mariae de Castro Sageti, 1058, cartulaire d’Oulx Faye ou Fayet (signifie fayard ou hêtre) : 1339, XIV et XVe s. Villa de Fayeto : fin XVe s. Ville du Fayet : 1644 La Ville : XVIIIe s.

 

Marie-Danielle DUPOUY, dite Maximine

 

Remerciements :  Merci à mon cousin Didier Beaume, pour son travail considérable sur les archives de notre famille et les archives de la Garde en Oisans.

 

Références : Notes de Didier Beaume M.C. Bailly-Maître, J. Bruno Dupraz, Brandes en Oisans, DARA 1994 L. Cortès, L’Oisans, imp. Allier père et fils, Grenoble, 1926