Frise chronologique

APPELEZ-MOI LA GARDE !

Les textes les plus anciens – Cartulaire d’Oulx, 1058 – mentionnent le Bourg-d’Oisans et La Garde-en-Oisans, perchée au-dessus de la plaine dont elle domina longtemps le lac ; elle étage ses onze hameaux de 750 à 1500 mètres. Dès le Moyen-Âge des Comtes Guigues de Viennois, ces hameaux existent déjà, pour la plupart. Le terroir n’est pas particulièrement riche, mais les vignes garnissent les côteaux de La Ferrière ; le prieuré de La Garde règne sur cette partie de l’Oisans, assurant son renom au village.

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Avec la Révolution Française, La Garde perd ses vignes et son prieur, mais l’activité agricole se développe, suivant en cela l’expansion de la population. Toutefois, l’absence de possibilités de mécanisation, en raison de la déclivité des terrains, va entraîner l’exode rural progressif au XXème siècle, la lente, mais l’inexorable fermeture des étables et l’abandon de toute culture.

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Mais La Garde, avec l’ensemble de ses hameaux si différents tant dans leur architecture que dans leur géographie, va s’adapter aux nouvelles donnes économiques. Le village veut demeurer traditionnel parce que, sinon, il perdrait son âme. Tandis que La Garde rénove son authentique cadran solaire sur le mur de l’église prieurale, elle réalise également les avancées nécessaires au futur : ainsi un télésiège va remplacer à Maronne le téléski usagé, apportant à l’ensemble du plateau un outils industriel et touristique de premier ordre. Passé, présent et avenir sont donc entremêlés dans notre Commune. Cette alchimie subtile définit le Gardillon d’aujourd’hui. Attaché à son village et à son hameau, heureux et fier de son pays d’Oisans, il aime la qualité de vie qu’offre La Garde et sait la faire partager à ceux qui la visitent.

Pierre GANDIT, Maire de La Garde-en-Oisans, mai 2000.

 

11e siècle

1058
L’église paroissiale, déjà placée sous le vocable de Saint-Pierre, est attestée pour la première fois dans les textes (Cartulaire d’Oulx), à l’occasion de la donation que le seigneur Adam en fait à l’abbaye d’Oulx en Briançonnais d’Outremont. Il est créé un prieuré de l’ordre de Saint-Augustin. Il est également fait mention de la chapelle vouée à Marie-Madeleine (pour mémoire puisque ce bâtiment est aujourd’hui en ruines) et liée au Château de La Garde (Castrum Sageti) dans ce même texte.

 

12e siècle

1191
Sous le règne du Dauphin Guigues IV, le 10 août, un éboulement obstrue le cours de la Romanche au niveau des falaises de l’Infernet et de la Vaudaine, « dans la gorge de Livet». Cet endiguement naturel de la rivière fait monter le niveau d’un lac déjà existant (Le Bourg-d’Oisans n’était-il pas à cette époque Saint-Laurent-du-Lac ?)

 

13e siècle

1219
Cataclysme : vidange brutale du lac Saint-Laurent d’Oisans, sous le règne du Dauphin Guigues-André. Le 14 septembre, vers 10 heures du soir, eut lieu la débâcle du lac Saint-Laurent. La digue naturelle à l’origine de la formation de ce lac (le plus important qu’ait connu la plaine d’Oisans) céda sous la pression des eaux, lesquelles dévastèrent tout sur leur passage, Grenoble et jusqu’en Arles. Par la suite, la plaine demeura marécageuse avec la présence de petits lacs résiduels ou nés des nombreuses divagations de la tumultueuse Romanche. Le Dauphin Guigues-André exempta d’impôts tous ceux qui avaient souffert de l’inondation.

 

1261
La catastrophe de 1219 nous offre le premier véritable document sur l’Oisans : il est précisé que les habitants de La Garde sont hommes liges de Guigues, Dauphin et qu’ils tiennent de lui tout ce qu’il possèdent à la réserve de ce qu’il tient des favetiers et le “petit bois” qui était au fief de l’Armentier.

 

14e siècle

1349
Le Dauphiné est rattaché à la France. Le Dauphin Humbert II n’ayant plus d’héritier, il cède son Etat au fils du Roi de France.

 

15e siècle

1472
Le Roi de France Louis XI, qui a séjourné 10 ans en Dauphiné comme Dauphin, généralise la pratique de l’Angélus en l’instituant à tout son royaume. Trois sonneries annoncent la prière respectivement à 6 heures, midi et 18 heures. Dans le Dauphiné, un décalage de 10 minutes est systématiquement observé.

 

16e siècle
Le Dauphiné souffre des guerres de religion incessantes. Le village ne semble pas avoir participé aux événements, aucun Protestant n’est signalé au contraire du Haut-Oisans.

 

1593
Achat des terres de La Garde par François de BONNE de Lesdiguières qui appartenait pour deux tiers et demi à Louise de VAUJANY, épouse de Marcelin Vilar et la moitié du demi à Maître Honoré MOULIN, notaire.
17e siècle
Tous les papiers concernant la communauté de La Garde avec les terriers et cadastres de 1404 sont vendus à un marchand épicier pour en faire des cornets !

 

1672
Une restauration magistrale de l’église Saint-Pierre de La Garde débute après une première visite de Monseigneur Etienne Le Camus. « En piètre état », avait-il dit après avoir inspecté l’édifice cultuel. Le curé est alors Pierre GUYERS, natif d’Huez : ”les habitants se plaignent qu’il buvait trop de vin et surtout voyait trop de femmes (notamment fréquente sa cousine issue de germaine Anne Besson)”.

 

1677
Les religieux en charge du Prieuré conçoivent le projet de réaliser un cadran solaire. « La Montre » voit le jour sur la facade sud de l’église Saint-Pierre.

 

1678
Le 23 juillet, Monseigneur Etienne Le Camus, Evêque-Cardinal de Grenoble en visite pastorale à travers l’Oisans, monte à La Garde et constate avec satisfaction que l’église a été «rebâtie à neuf ». Ses nombreux déplacements et son attachement à la terre d’Oisans vaudront au Prélat le surnom de « Cardinal des montagnes ».

 

18e siècle

 

1703
Le mois de mars voit tomber la neige en abondance : à la décrue en avril, la route de Maronne est coupée par une avalanche.

 

1728
« Marie« , actuelle petite cloche de l’église est coulée. Marque de Pierre ALBENGUE, Maître-Fondeur à Grenoble.

 

1730
En juillet, la chapelle Marie Madeleine en ruine depuis longtemps est réédifiée et en état d’y célébrer la messe.

 

1733
En septembre, les inondations emportent le pont de Sarenne.

 

1735
La reconstruction du pont est toujours d’actualité – “en mars, les chemins publics sont devenus impraticables faute d’entretiens et réparations et empêchent les habitants de se rendre au marché du Bourg d’Oisans”.

 

1738
Mort de Joseph NACLARD par une pierre de la montagne des Armentiers vers les mines de cristal.

 

1751
Le 7 mars, Claude de Vojany, habitant du Rosai, trouva la mort en glissant sur une plaque de glace, un dimanche, alors qu’il revenait d’Huez où il avait assisté à la Messe – il dut aller droit au paradis. Une Croix rappelle l’emplacement ou le malheureux se dérocha.

 

1770
L’hiver 1770 a été très long, la neige a fondu à Pentecôte, à La Garde, on a moissonné qu’à Notre Dame d’août. Suivi d’une note du curé d’Huez : “Lors du mariage du Dauphin avec la fille de la reine de Hongrie, les chevaux furent pris de panique, il périt 800 personnes.” (registre paroissial)

1776
Le 4 mars, les Séchiers furent à deux doigts de leur perte, toute la neige qui est au-dessus ayant boulé, n’a renversé que le four (registre paroissial).

 

1778
Dans la nuit du 15 du mois d’octobre, il tomba une pluie si abondante et si rapide après des pluies ordinaires et fréquentes pendant cet automne, qu’elle a causé des dégâts affreux, la plaine du Bourg d’Oisans a été inondée dans toute son étendue, les ponts emportés, des ravines prodigieuses ont abîmé beaucoup de terrains dans les paroisses d’alentours, beaucoup de dégradations dans les pièces de terre, en un mot ce foudre inattendu d’eau jeta tout le monde dans la consternation, on ne voyait que torrents de tous les cotés, les maisons presque toutes submergées. Le ruisseau faisant dans sa chute des bruits épouvantables qui semblait donner des secousses à cette petite contrée et à vouloir la précipiter dans le grand cloaque de la plaine. Ont ne peut percer au Bourg après quelques jours qu’à la nage, de sorte qu’on n’avait presque jamais rien vu de semblable mais heureusement il n’a péri personne. Voilà en précis les événements arrivés dans cette année.” (registre paroissial)

 

1780
Le 5 juin, le Duc de Villeroy, seigneur de l’Oisans, vend à Claude PERRIER, bourgeois de Vizille, une forêt à La Garde dénommée la forêt de Maronne, la Fayolle et Rochenoire formant trois cantons de forêts différents.

 

1782
30 octobre >> registre paroissial : ”j’ai inhumé dans le cimetière de cette paroisse Jacques VIEUX ROCHAS, fils à Pierre, marié des Armentiers, âgé d’environ 13 ans, lequel a été écrasé malheureusement par des pierres hier, dans les rochers audit lieu de l’Armentier, en gardant des bestiaux…

2 novembre >> registre paroissial : “J’ai inhumé Marie Vieux Rochas fille à Pierre de l’Armentier, âgée d’environ 26 ans, laquelle a été trouvée morte hier matin ayant la tête fendue dans les rochers de l’Armentier en allant du côté de la paroisse d’Auris, où elle fut, dit-on, pour chercher le chapeau de son frère, qui fut écrasé, à peu près dans le même lieu… Déclarant au surplus que la dite Marie Vieux fut toujours brave fille et bonne chrétienne ….

 

1786 
En avril sur le registre paroissial : “ Mort de Jean Sonnier, à 48 ans, lequel s’est malheureusement précipité dans les rochers au dessus de la Toux, y étant allé pour ramasser de la vieille herbe pour nourrir ses bestiaux, étant tombé à la plaine au lieu appelé les Croisettes …

 

1787
Cette année-là, s’abattit sur La Garde une épidémie de petite vérole qui décimât les enfants de moins de deux ans (un taux de mortalité très fort de 1 sur 3).

 

1791
Le Prieuré de La Garde est supprimé et vendu comme bien national.

Vente du prieuré à Georges CHALVIN du Rosay, ex-maire, pour 1631 francs.

Vol de trois cloches de l’église ainsi que des vases sacrés, des ornements et du linge nécessaire à la messe.

 

1793
Michel MAGNIN, de Bassay, ancien officier municipal, ne veut pas rendre la reconnaissance de 1742 qu’il avait pris (Bassay avait été rattaché à la commune de La Garde à la création des communes, ce n’est que quelques années plus tard qu’elle sera rattachée à Bourg d’Oisans sur la demande des habitants – Malheureusement, nous n’avons aucune trace de ce document aujourd’hui et pour la seconde fois, la commune perd son cadastre : 1404 et 1742) Les rapports des délibérations nous apprennent que les lieux du Conseil Municipal sont sous le tilleul, devant la porte de l’église et du cimetière.

12 septembre : sur plainte des habitants, le Conseil municipal somme “leur ancien et vieux curé” Bertrand d’évacuer et sortir de la paroisse de La Garde dans le délai de trois jours et dans trois autres hors du royaume à défaut de quoi il sera déporté à ses frais par la force publique. La délibération est révoquée par le procureur général syndic car les accusations sont reconnues fausses et “exhortera la municipalité à ne plus se laisser égarer par la passion et à maintenir la paix et l’union si nécessaire au bonheur des citoyens.
19e siècle
1826
La commune rachète le presbytère à Georges CHALVIN pour 5336 francs.

 

1830
Reconstruction de la chapelle Sainte-Marie Madeleine.

 

1838
En septembre, le maître-fondeur BONNEVIE venu de Grenoble donne naissance à « Marguerite-Agathe », grosse cloche de l’église. Cette dernière remplace celles fondues sous la Révolution.

 

1855
Construction d’un moulin scierie à La Salle par André PELLISSIER, meunier au moulin de Sarenne.

 

1861
L’école se trouve dans une écurie et celle de Jacques Vieux Combe sert d’entrepôt de charbon pour le chauffage de la dite école ainsi que de cours de récréation.

 

1862
L’aménagement de la route qui franchit le col du Lautaret, telle que nous la connaissons aujourd’hui, est achevé par le gouvernement impérial.

 

1877
Une nouvelle qui fait sensation se propage rapidement hors des frontières de l’Oisans : le guide Pierre Gaspard est déclaré « vainqueur de La Meije ».

 

1878
Le 18 août, le Conseil Municipal de La Garde-en-Oisans délibère favorablement sur le projet pour «l’ouverture et la construction» du chemin vicinal n°1 qui ira des moulins de Sarenne (à la Ferrière) à la place publique de La Garde, soit 2467 mètres.

 

1880
Le 22 mars, Michel Dauphin, un entrepreneur du Bourg-d’Oisans, remporte l’adjudication des travaux. Les travaux pour la route de la Ferrière commencent enfin… M. Dauphin se heurte très vite aux roches granitiques très dures du pied de la Ferrière et demande de tels suppléments que le Conseil Municipal de La Garde lui retire son adjudication le 15 juillet 1880. C’est Jaccod qui prend la suite. Les travaux cessent pendant l’hiver. A la fin de l’année, Claude Sarret et Jean Vieux dit « Blondin » vendent les moulins de Sarenne à un industriel qui veut établir une usine de soierie, ce que le Conseil de La Garde considère comme «une source féconde et incontestable de travail et de bien-être».

 

1881
Dès la fin de l’hiver, les travaux de la route de la Ferrière reprennent. A l’automne, le route est terminée, jusqu’à la place de La Garde. C’est la première route de l’Oisans en dehors de celle qui relie Grenoble à Briançon.

 

1883
Ouverture aux Egorges d’une carrière pour l’exploitation du talc.

 

1886
En août, le Conseil Municipal de La Garde décide la construction d’une école à la Ville, au lieu-dit Font-Vieille. Le devis est voté en 1887.

 

1888
Construction d’une école mixte avec mairie au hameau de la Ville dont le premier instituteur est Léon BERLIOUX.

 

1892
Un pont franchit le ruisseau de La Salle, remplaçant une passerelle en bois installée quelques temps auparavant.

 

1896
Le Grand Pont franchit la Sarenne d’une seule enjambée et la route peut se poursuivre en direction des Armentiers.

 

20e siècle

1902
La route dite de la Roche qui relie aujourd’hui encore La Garde à Auris est achevée.

 

1918
Le 11 novembre, la Grande Guerre s’achève. Neuf enfants de La Garde-en-Oisans seront inscrits au Monument aux morts.

 

1924
Reconstruction de la scierie communale emportée par une avalanche (moulin de la Salle).

 

1936
Agrandissement de la route d’accès à La Garde.

Construction d’un hôtel, en face du Café de la Place, près de l’église Saint-Pierre. Agrandi mais conservé, le bâtiment initial sera aménagé pour devenir l’immeuble « Les Gorges de Sarenne ».

 

1939
La majorité des jeunes Gardillons sont mobilisés dans l’Armée des Alpes.

 

1940
La campagne de France se termine pour La Garde avec un mort et 7 prisonniers.

 

1944
Le 14 août, La Garde est le théâtre d’événements tragiques :
La majeure partie du hameau de La Ville est incendiée par les troupes du IIIème Reich
L’hôpital du Maquis alors installé au Rosai est évacué à la hâte vers la Roche de Jean Barral
Les onze hameaux de la Commune sont traversés par les troupes allemandes, ce qui a très largement marqué les esprits.

 

1950
Le 9 février, une avalanche déclenche un incendie dans le dortoir annexe de la mine de l’Herpie. Périssent neuf mineurs, dont un habitant de La Garde.

 

1967
En raison des Jeux Olympiques en Dauphiné, La route de la Ferrière connaît une seconde tranche d’amélioration qui en fait la belle route moderne que nous connaissons aujourd’hui.
Le porche du prieuré de La Garde est scandaleusement abattu.

 

1968
La commune voisine d’Huez-en-Oisans accueille l’épreuve de bobsleigh des Jeux Olympiques d’hiver de Grenoble.

 

1971
Fermeture « provisoire » (qui s’avère définitive) de l’école de La Garde-en-Oisans.

 

1976
Le téléski du Châtelard est construit, reliant La Garde au domaine des Grandes Rousses. L’inauguration en est faite par le maire Georges VIEUX-COMBE.

 

2001
Au hameau du Châtelard à Maronne, un télésiège remplace le téléski devenu vétuste. L’inauguration par le maire Pierre GANDIT (adjoints : Roger VEYSSEYRE / Jean-Pierre EMIEUX) se déroule en présence de nombreux élus du massif dont le député Didier Migaud et le conseiller général Christian Pichoud.